Un quart de siècle après, une mémoire toujours vive
Ce vendredi 16 janvier 2026 marque le vingt-cinquième anniversaire de l’assassinat de Laurent-Désiré Kabila, alors président de la République démocratique du Congo. Une date lourde de symboles pour la nation congolaise, qui se souvient de la disparition brutale du troisième président de son histoire, tombé en plein exercice de ses fonctions.
Laurent-Désiré Kabila, du maquis au sommet de l’État
Né le 27 novembre 1939 à Jadotville, aujourd’hui Likasi, dans la province du Haut-Katanga, Laurent-Désiré Kabila s’est imposé comme une figure centrale de l’histoire politique congolaise. Opposant de longue date au régime du maréchal Mobutu Sese Seko, il prend le pouvoir en mai 1997, à l’issue de la première guerre du Congo, avec le soutien du Rwanda et de l’Ouganda. Il devient alors le symbole d’un changement espéré après plus de trois décennies de dictature.
Le 16 janvier 2001 : une journée fatale au palais de Marbre
Le drame survient le 16 janvier 2001, au palais de Marbre, dans le quartier de Binza, sur les hauteurs de Kinshasa. En milieu de journée, le chef de l’État travaille dans son bureau. Il reçoit notamment son conseiller économique, avec qui il prépare un déplacement prévu le lendemain à Yaoundé, au Cameroun, pour participer au 21ᵉ sommet Afrique–France.
Aux environs de 13 heures, un jeune soldat de la garde présidentielle, le caporal Rachidi, se présente devant le bureau du président. Prétextant vouloir lui présenter ses civilités, il est autorisé à entrer.
L’assassinat du chef de l’État
Une fois à l’intérieur, le caporal s’approche calmement du président Laurent-Désiré Kabila, alors en pleine conversation avec l’un de ses conseillers. Soudain, il sort son arme et ouvre le feu. Touché mortellement, le chef de l’État s’effondre dans son bureau.
L’assassin, identifié comme Rashidi Mizela Kasereka, est abattu à son tour dans sa tentative de fuite par Eddy Kapend, aide de camp du président.
Procès, condamnations et zones d’ombre
En 2003, la Cour militaire condamne à mort une vingtaine de personnes impliquées dans cette affaire, parmi lesquelles Eddy Kapend, jugé pour négligence dans la protection du président. Les peines capitales seront par la suite commuées en condamnations à la prison à vie.
Malgré ces décisions judiciaires, l’assassinat de Laurent-Désiré Kabila demeure entouré de nombreuses zones d’ombre, alimentant débats et controverses au sein de l’opinion congolaise.
La grâce présidentielle et la réconciliation
Une année après son accession à la magistrature suprême, en 2020, le président Félix Tshisekedi accorde la grâce présidentielle à toutes les personnes condamnées dans le dossier de l’assassinat de Laurent-Désiré Kabila. Une décision présentée comme un acte de réconciliation nationale, concernant notamment des proches de l’ancien régime, dont Eddy Kapend.
Vingt-cinq ans après, une page sombre toujours présente
Un quart de siècle après ce drame, la République démocratique du Congo continue de se souvenir de cette journée qui a profondément marqué son histoire politique. Chaque 16 janvier, la mémoire de Laurent-Désiré Kabila ravive le souvenir d’un tournant tragique, dont les conséquences résonnent encore dans la vie institutionnelle du pays.

