La question de l’organisation d’un dialogue national inclusif continue de susciter de vifs débats au sein de la classe politique congolaise. Alors que le président de la République démocratique du Congo a, le samedi 30 janvier 2026, ouvert la voie à un éventuel dialogue en posant certaines conditions, les réactions se multiplient dans l’opposition.
Pour la formation politique Ensemble pour la République, la levée de toutes les condamnations à caractère politique, la libération des prisonniers politiques ainsi que la fin des poursuites judiciaires à visée politique demeurent indispensables pour aboutir à un dialogue sincère.
« Ensemble pour la République exige, comme préalables indispensables à l’ouverture d’un dialogue crédible : la levée de toutes les condamnations à caractère politique ; la libération immédiate de tous les prisonniers politiques et d’opinion ; la fin des poursuites judiciaires instrumentalisées à des fins politiques ; la levée des restrictions arbitraires à la délivrance des passeports et à la liberté de circulation des opposants ; ainsi que la cessation de toute répression visant à intimider ou exclure les voix dissidentes. Ces mesures ne sont ni des concessions ni des faiblesses : elles constituent le socle minimal de la confiance sans laquelle aucun dialogue ne peut être sincère », peut-on lire dans une déclaration du parti.
Par ailleurs, Ensemble pour la République dénonce ce qu’il qualifie de « contradictions flagrantes du président Tshisekedi », estimant qu’elles fragilisent la parole de l’État.
« D’une part, il refuse tout dialogue politique avec l’opposition congolaise en dehors de Kinshasa, tout en négociant avec l’AFC/M23 à Doha, hors du territoire national ; d’autre part, il se pose en gardien de la Constitution alors même que ses partisans ne cessent de clamer ouvertement leur volonté d’en organiser la modification. Or, la Constitution est sans équivoque : le président Félix Tshisekedi exerce actuellement son second et dernier mandat, qui s’achève en 2028 », poursuit la déclaration.
Il sied de rappeler que la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) et l’Église du Christ au Congo (ECC) ont lancé, depuis le 15 janvier 2025, une initiative de dialogue en faveur d’un Pacte social pour la paix et le bien-vivre ensemble en RDC. Plusieurs acteurs politiques congolais soutiennent cette démarche et plaident pour la tenue d’un dialogue sous la médiation de ces confessions religieuses.

