Ce lundi 23 mars, le prix Nobel de la paix 2018, Denis Mukwege, a réagi au projet de changement ou de révision de la Constitution souhaité par certains cadres de la majorité au pouvoir. S’adressant au président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, il a indiqué que la priorité devait être accordée à l’intérêt du peuple.
Dans sa déclaration, il met en garde le chef de l’État contre certaines influences qu’il juge motivées par des intérêts personnels.
« Nous exhortons le président de la République à ne pas suivre les tambourinaires, selon leur propre expression, car ils sont là pour leurs intérêts personnels et non pour l’intérêt supérieur de la Nation. Demain, ils seront les premiers à vous poignarder dans le dos […] Écoutez plutôt votre conscience et la voix du peuple. Levons fièrement nos fronts, tel que nous le commande notre hymne sacré, et ne les courbons pas. Notre liberté est à ce prix », a-t-il écrit.
Denis Mukwege critique également le fonctionnement des institutions, qu’il estime contraire aux principes démocratiques. Il déplore « une inversion de rôles qui tue la démocratie ».
Dans un message adressé aux élus, il les appelle à la responsabilité et à la dignité.
« Mes chers compatriotes, distingués honorables représentants du peuple, les questions que se pose le citoyen lambda sont les suivantes : où est votre dignité ? Et si votre propre dignité compte si peu, êtes-vous aptes à vous battre pour la dignité du peuple qui vous a élus ? ».
Il sied de rappeler que, depuis plusieurs jours, le débat sur le changement ou la révision constitutionnelle a été relancé. Ce projet est notamment rejeté par plusieurs figures de l’opposition congolaise.

