Face aux limites du système financier traditionnel, la République démocratique du Congo engage une réflexion approfondie sur de nouveaux modèles de financement du secteur privé. Ce mardi 24 mars, lors d’une conférence nationale tenue à Kinshasa, autorités, experts et partenaires ont identifié des pistes concrètes pour améliorer l’accès aux capitaux des entreprises innovantes.
Considéré comme un levier majeur de développement, le secteur privé congolais continue néanmoins de faire face à d’importantes contraintes financières. Le système bancaire traditionnel, encore dominant, reste peu adapté aux réalités des entreprises en phase d’idéation. Les startups, PME et PMI innovantes rencontrent ainsi des difficultés pour mobiliser des financements, notamment en raison du manque de garanties, de l’absence d’historique financier et d’un environnement d’investissement encore peu structuré.
Ouvrant les travaux, le ministre de l’Entrepreneuriat et du Développement des PME, Justin Kalumba Mwana-Ngongo, a salué la vision du Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, qui place l’entrepreneuriat au cœur des priorités nationales depuis 2025.
« La promotion de l’entrepreneuriat vise à assurer la création d’emplois massifs et durables ainsi que la reconquête de la souveraineté économique. Notre système de financement reste largement centré sur les crédits de microfinance et demeure inadapté pour accompagner efficacement nos jeunes PME et PMI », a-t-il indiqué.

Au fil des échanges, les intervenants ont présenté un panorama des mécanismes de financement innovants expérimentés en Europe et en Afrique, mettant en lumière les opportunités qu’offre la RDC. Parmi les principaux atouts évoqués figure une démographie dynamique, capable de soutenir l’émergence de nouveaux modèles économiques et financiers.
Partenaire clé du gouvernement congolais, l’Union européenne a réaffirmé son engagement à accompagner le pays dans l’amélioration de l’accès au financement et la stimulation de l’investissement privé.
De son côté, le gouverneur de la Banque centrale du Congo, André Wameso, a dressé un diagnostic sans concession du système financier national. Il a notamment évoqué « un déficit important en infrastructures, notamment l’énergie, l’Internet et le réseau routier, ainsi que des taux d’intérêt élevés, la faiblesse des garanties et une insuffisance de la culture financière ».
Cette initiative s’inscrit dans la dynamique des réformes engagées par le gouvernement sous l’impulsion de la Première ministre, Judith Suminwa Tuluka. L’objectif est de bâtir une économie plus stable, durable et compétitive, en faisant de l’entrepreneuriat un pilier central du développement national.

La rencontre s’est conclue par la signature symbolique d’un arrêté ministériel visant à opérationnaliser des politiques de financement dédiées aux startups ainsi qu’aux PME et PMI innovantes.

