Faire de l’emploi et de l’entrepreneuriat des jeunes un levier central du développement national, est la volonté affichée par le gouvernement de la République. Lors d’un Special Briefing Presse tenu aux côtés du ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, le ministre de l’Entrepreneuriat et Développement des PME, Justin Kalumba Mwana-Ngongo, a présenté de manière détaillée et engagée les conclusions de la Table ronde nationale sur l’emploi et l’entrepreneuriat des jeunes.
Rassemblant 475 jeunes, cette Table ronde, convoquée personnellement par le Chef de l’État, s’était tenue pendant trois jours au Palais du Peuple. A l’issu des travaux, 305 recommandations ont été formulées et 12 obstacles majeurs qui freinent l’employabilité et l’initiative économique dans le pays ont été identifiés.
Selon le ministre Justin Kalumba, ces résultats ouvrent « une nouvelle ère de cohérence stratégique » reposant sur un triptyque essentiel : emploi, entrepreneuriat et formation professionnelle. Il décrit cette approche comme formant « deux pieds et un trépied » destinés à soutenir durablement le développement national.
Revenant sur les bases établies lors de son premier mandat, le ministre a rappelé les piliers du programme Pronadec, structuré autour des trois C :
- Capacitation : former pour entreprendre
Il annonce l’intention d’introduire l’enseignement de l’entrepreneuriat dès l’école primaire afin d’aider les enfants à découvrir leurs talents et orientations naturelles.
- Crédit : lever les barrières financières
Pour faciliter l’accès au financement, en particulier pour les femmes entrepreneures, le Gouvernement a créé le Fogec, un fonds de garantie dédié.
- Contrat de marché : faciliter l’accès aux opportunités
Grâce à un partenariat avec l’ARSP, les jeunes entrepreneurs peuvent désormais accéder plus facilement aux marchés publics pour développer leurs PME.
Le ministre a également insisté sur la création de grandes écoles provinciales de formation professionnelle, adaptées aux réalités économiques de chaque territoire.
« Il nous faut rapprocher l’entrepreneuriat des compétences techniques nécessaires à l’industrialisation du pays », a-t-il affirmé.
Parmi les propositions novatrices, Justin Kalumba a évoqué l’idée d’organiser tous les trois ans des élections des “champions entrepreneurs”, synchronisées avec les cycles politiques. Ce mécanisme vise à permettre aux citoyens de choisir celles et ceux qui incarnent réellement la création de richesse dans leurs communautés. Pour lui, c’est un levier majeur pour « redonner de la dignité à la production locale » et rétablir un narratif trop longtemps déformé par la politique.
Il a aussi mis en avant la valorisation de l’artisanat, considéré comme un socle naturel de transmission des compétences entre générations.
« Un boulanger transmet son savoir-faire à ses enfants. À l’État de créer un système managérial qui pérennise cet héritage dans toute la société », a-t-il expliqué.
Enfin, Justin Kalumba a réaffirmé l’ambition du Gouvernement : « permettre à chaque jeune, où qu’il se trouve, de disposer d’une véritable chance d’exprimer son potentiel entrepreneurial ».
Il sied de noter que ce briefing a confirmé une orientation claire : replacer l’emploi et l’entrepreneuriat des jeunes au centre de la stratégie nationale, non comme un simple enjeu social, mais comme un pilier de souveraineté, de stabilité et de prospérité.

