L’organisation de défense des droits humains Justicia Asbl accuse le Conseil national de cyberdéfense (CNC) de graves violations des droits fondamentaux. Dans un communiqué, l’ONG affirme que ce service rattaché à la Présidence de la République serait impliqué dans l’enlèvement de plus de 10 000 personnes. Justicia Asbl ajoute ces personnes seraient retenues dans des maisons résidentielles, tandis que d’autres seraient enfermées dans des chambres d’hôtel, sans accès à leurs avocats, à leurs familles ni à leurs juges naturels.
L’organisation estime que le Conseil National de cyberdéfense a largement outrepassé le cadre de sa mission initiale et appelle les partenaires internationaux de la RDC à agir en faveur de sa suppression.
« Cette structure stratégique relevant de la présidence de la République aurait procédé à l’enlèvement de plus de 10 000 personnes, détenues dans des conditions inhumaines, privées de toute assistance de leurs avocats, de la visite de leurs familles ainsi que de leurs juges naturels. Certaines seraient retenues dans des maisons résidentielles, d’autres dans des chambres d’hôtel. Justicia Asbl saisit les partenaires de la RDC, notamment l’Union africaine, l’Union européenne, les Nations unies et le gouvernement des États-Unis, afin qu’ils mènent un plaidoyer auprès des autorités congolaises pour la suppression de ce service oppresseur des droits des citoyens », indique le communiqué.
L’ONG rappelle que le CNC avait été mis en place pour coordonner les services de cyberdéfense et de renseignement dans le but de faire face aux cyberattaques. Toutefois, elle estime que cet organe aurait changé de vocation.
« Initialement créé pour coordonner les services de cyberdéfense et de renseignement afin de contrer les cyberattaques, le CNC est aujourd’hui perçu comme le bras séculier de la répression contre les opposants politiques, les journalistes, les défenseurs des droits humains et les citoyens », affirme Justicia Asbl.
Pour étayer ses accusations, l’organisation cite notamment le cas d’un journaliste et caméraman basé à Lubumbashi, récemment arrêté avant d’être détenu dans un camp militaire, puis transféré à Kinshasa. Selon l’ONG, ce professionnel des médias serait actuellement soumis à de mauvais traitements.


