Le Cadre de concertation des forces politiques et sociales a rejeté, à travers une déclaration publiée ce mardi 3 février, les conditions fixées par le président de la République démocratique du Congo (RDC) concernant l’organisation d’un dialogue national inclusif.
Selon cette plateforme, le chef de l’État ne peut en aucun cas décider unilatéralement du lieu, des modalités et des contours d’un tel dialogue, une démarche qui, estime-t-elle, nuirait gravement à l’objectif même du processus.
« Il n’appartient pas au Président de la République, partie prenante au conflit et acteur central de la crise actuelle, de décider unilatéralement du lieu, des modalités d’organisation, de participation, de déroulement, ni du périmètre des débats du dialogue national. Une telle captation du processus compromettrait gravement sa crédibilité, en le privant de son caractère inclusif et en risquant de le réduire à un exercice formel dépourvu de portée réelle. En imposant des conditions unilatérales, cadre strictement national, interprétation partisane de la Constitution et exclusion arbitraire d’acteurs condamnés par une justice jugée inique, le pouvoir vide le dialogue de toute substance et cherche à en faire non un outil de résolution de la crise, mais un instrument de consolidation de sa dictature, s’érigeant ainsi en juge et partie d’une crise nationale dont il est l’une des causes », indique le document.
Par ailleurs, le Cadre de concertation estime que les institutions actuellement en place ne sont pas habilitées à organiser ce dialogue, faute de crédibilité et de légitimité.
« Confier l’organisation du dialogue aux seules institutions en place constitue un non-sens démocratique. Issues d’élections largement contestées et entachées d’irrégularités massives, elles ne disposent ni de la légitimité morale ni de la crédibilité politique nécessaires pour organiser un dialogue censé sortir la Nation de la crise », peut-on lire.
Il convient de noter que le Cadre de concertation des forces politiques et sociales a réaffirmé son attachement à un dialogue véritablement inclusif, sous la médiation neutre de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) et de l’Église du Christ au Congo (ECC), conformément à leur initiative du Pacte social pour la paix.

