Depuis sa cellule, où il purge sa peine, Constant Mutamba, ancien ministre de la Justice et garde des Sceaux de la République démocratique du Congo (RDC), a fait connaître sa position sur l’organisation d’un dialogue national inclusif annoncé par le président de la République. C’est à travers une lettre rendue publique ce jeudi 5 février 2026 que le leader de l’opposition républicaine s’est exprimé.
Constant Mutamba s’est déclaré favorable à la tenue de ce dialogue. Toutefois, dans l’attente de la publication de la feuille de route ainsi que des contours précis de son organisation, il a posé plusieurs préalables, notamment :
• la prise de mesures sérieuses de décrispation politique en faveur des opposants et leaders d’opinion non armés, victimes d’arrestations arbitraires et de condamnations injustes ;
• l’octroi de garanties sérieuses de sécurité et de confiance afin d’assurer le retour des opposants se trouvant hors du territoire national ;
• l’instauration de garanties de sincérité et de bonne foi dans le processus.
Constant Mutamba précise également que ces échanges à venir ne doivent en aucun cas servir à blanchir les personnes ayant pris les armes contre la République.
« Ce dialogue ne doit pas être un cadre de partage du pouvoir ni une entreprise de blanchiment des compatriotes qui trahissent le pays au profit des étrangers, notamment le Rwanda, en prenant les armes pour tuer nos concitoyens et piller nos ressources naturelles sous des prétextes individuels fallacieux et tribalo-ethniques », a-t-il écrit.
Il sied de rappeler que, lors de son discours prononcé le samedi 31 janvier devant le corps diplomatique accrédité en RDC, le président Félix Tshisekedi avait lui aussi posé des préalables à la tenue d’un dialogue national. Le chef de l’État avait précisé que ce dialogue devait se tenir sur le sol congolais, sous la médiation des institutions nationales, et que les auteurs des atrocités commises contre les populations ne devraient en aucun cas y prendre part. Des conditions qui, visiblement, ne font pas l’unanimité au sein de la classe politique congolaise.

