L’opposant et acteur politique congolais a assumé, ce mercredi 16 septembre, son passé dans la lutte armée. Dans une interview, Delly Sesanga a estimé que son engagement s’inscrivait dans un contexte de contestation d’un pouvoir qu’il considérait comme « illégitime ». Répondant aux personnes qui le qualifient de « rebelle », Delly Sesanga affirme ne pas renier son parcours et dit continuer à assumer le choix effectué à l’époque.

‎« Ça me fait toujours rigoler quand j’entends les gens dire « Sesanga, rebelle ». J’assume mon histoire. J’ai fait la lutte armée contre un gouvernement qui était illégitime, et j’assume toujours ce choix, je le referais. Je n’ai de comptes à rendre à personne de ce point de vue », a-t-il indiqué.

‎Le député national honoraire ajoute que la lutte armée à laquelle il a participé a contribué au processus ayant conduit à l’adoption de la Constitution de la République démocratique du Congo.

‎« J’ai fait la lutte armée qui a donné à ce pays une Constitution, on devrait même me célébrer pour ça. Personne, dans l’histoire sud-africaine, n’a dit que Mandela était un rebelle, et pourtant il a pris les armes contre le système d’apartheid. Face à un système d’injustice, on peut être amené à prendre les armes », a-t-il renchéri

‎Poursuivant, l’opposant congolais s’est interrogé sur le traitement réservé à son passé, comparant son cas à celui de plusieurs personnalités comme Jean-Pierre Bemba, Émile Ngoy Kasongo et Lambert Mende. Sesanga estime que la question de leurs parcours respectifs n’est pas posée avec la même insistance.

‎« Je suis surpris que ceux qui passent leur journée à me traiter de rebelle ne posent jamais la même question à d’autres seigneurs de guerre : Jean-Pierre Bemba, vice-Premier ministre en charge des Transports, Émile Ngoy Kasongo, ambassadeur à Paris, Lambert Mende. Personne ne leur pose la question de leurs rébellions passées. Ce ressentiment devient un peu ridicule », a déclaré Sesanga.

‎Sur les accusations porter sur d’éventuelles violences durant cette période, Delly Sesanga affirme qu’aucune preuve ne permet, selon lui, de l’établir personnellement.

‎« Vous n’avez aucune preuve que moi, Delly Sesanga, j’aurais tué qui que ce soit. Vous n’êtes ni procureur ni juge, ne vous posez pas en tant que tel. Instituez une juridiction indépendante et impartiale, et vous verrez qu’il n’y a aucune responsabilité qui pèse sur moi. Ça ne me pose donc aucun problème », a-t-il conclu.

‎Cette sortie de l’opposant Delly Sesanga intervient alors que les questions du référendum, du dialogue national et du changement constitutionnel se posent avec acuité. L’opposition congolaise a marché ce mardi 15 septembre à ce sujet.

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