Le panel d’experts de la société civile de la République Démocratique du Congo (RDC), a, à travers une lettre adressée au procureur général, ce lundi 01 avril, dénoncé les discours de « haine » tenus par le Vice-premier ministre, ministre des transports, Jean-Pierre Bemba dans ses meetings à travers le pays.
Cette organisation s’insurge contre des déclarations « dangereuses » qui vont à l’encontre de la cohésion nationale et susceptibles d’attiser des tensions intercommunautaires.
»Ces déclarations de Jean-Pierre Bemba de vouloir opposer les Bangala aux Baswahili sont susceptibles d’être qualifiées de »belliqueuses, négationnistes, divisionnistes, irresponsables et dangereuses » contre la cohésion nationale déjà en berne avec les affrontements inter-ethniques à Kwamouth, en Ituri, la guerre au Nord-Kivu et au Sud-Kivu, sans oublier les tensions politiques actuelles. Ce qui est punissable par la législation congolaise », a-t-on lu dans cette correspondance.
Par ailleurs, les experts de la société civile craignent que ces discours n’incitent à la violence et n’affectent non seulement pas les personnes visées mais aussi et surtout toute la Nation congolaise.
Il sied de noter que selon la société civile, Jean-Pierre Bemba a dans ses multiples sorties publiques et meetings populaires, que ça soit dans la Mongala, à Boende dans la Tshuapa et à Mbandaka en province de l’Équateur, à l’UPN Kinshasa, à Tshangu, franchi la « ligne rouge de la haine et de la diabolisation » en affirmant selon ses propres termes que les équatoriens étaient considérés comme des sous-hommes portant le code 32 en référence à la durée du règne du président Mobutu et devaient être écartés de la vie publique par le pouvoir venu de l’Est au profit des Baswahili d’une part, et d’autre part, il s’arroge les prérogatives d’attribution de la nationalité étrangère (Rwandaise) à certains congolais, tel est le cas du Président Honoraire, Joseph Kabila et de retrait de celle-ci à d’autres compatriotes selon sa propre volonté.