Le président nigérian Bola Tinubu a ordonné mardi aux forces de sécurité de mener une opération de sauvetage afin de retrouver et libérer les dizaines, voire les centaines de personnes enlevées lors d’une attaque meurtrière survenue vendredi dans l’État du Niger, dans le centre-ouest du pays.
L’attaque a visé les villages de Dikera et Binzi pendant la prière du vendredi. Des hommes armés ont fait irruption dans ces localités, tuant plusieurs habitants avant d’emmener un grand nombre de personnes, parmi lesquelles des femmes et des enfants.
Sur le réseau social X, Bola Tinubu a condamné fermement les violences et promis que leurs auteurs seraient poursuivis. « Je suis indigné par l’enlèvement et le meurtre de citoyens innocents par des éléments criminels à l’intérieur de l’État », a-t-il déclaré. « Ceux qui ont perpétré cette attaque lâche contre des Nigérians sans défense sont des ennemis de la paix et de l’humanité, et ils ne resteront pas impunis. »
L’ampleur exacte du rapt reste toutefois incertaine. Une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux montre plusieurs centaines de personnes, notamment des femmes et des enfants, regroupées dans une forêt et présentées comme des otages originaires de Dikera. Des sources citées par Reuters évoquent environ 600 personnes enlevées, un chiffre qui n’a pas pu être vérifié indépendamment.
Les autorités n’ont pour l’heure fourni aucun bilan définitif. Wasiu Abiodun, porte-parole de la police, a néanmoins indiqué à la BBC que plus de 40 personnes avaient été tuées dans l’attaque.
Les auteurs restent également à identifier avec certitude. Un survivant interrogé la semaine dernière par l’AFP a affirmé que les assaillants appartenaient à Lakurawa, un groupe djihadiste que certains chercheurs rapprochent d’une branche régionale de l’État islamique. Un autre survivant a, de son côté, mis en cause Ansaru, un autre mouvement djihadiste actif au Nigeria.
Cette attaque intervient alors que le Nigeria fait face depuis près de 17 ans à une insurrection djihadiste principalement concentrée dans le nord-est du pays. Les violences liées aux groupes armés se sont cependant étendues à d’autres régions, notamment dans le centre et le nord-ouest.
La zone touchée vendredi se trouve dans le centre-ouest du Nigeria, à proximité de la frontière avec le Bénin. L’opération ordonnée par le président Tinubu doit désormais permettre aux forces de sécurité de localiser les personnes enlevées, de neutraliser les assaillants et de déterminer les circonstances exactes de
cette attaque qui a une nouvelle fois mis en évidence les difficultés des autorités nigérianes à contenir les violences armées.