Dans une interview accordée à la presse, Maître John Mbombo, secrétaire général de l’Alliance des démocrates pour le progrès (ADP), parti politique de Christophe Lutundula, a défendu l’idée d’une révision de la Constitution en République démocratique du Congo. Il estime que le débat actuel est souvent dominé par « les émotions » plutôt que par des analyses juridiques de fond.

Selon le SG de l’ADP, la Constitution congolaise elle-même prévoit les mécanismes de sa révision à travers l’article 218.

« La première question qu’on peut se poser est de savoir si la Constitution admet qu’elle soit revue. La réponse est oui », a-t-il déclaré.

Mbombo Mitangu rappelle que plusieurs acteurs politiques opposés aujourd’hui à une révision constitutionnelle ont, par le passé, soutenu l’idée de modifier certains aspects de la loi fondamentale. Il cite notamment des propositions liées au fédéralisme ou à des réformes institutionnelles avancées par certaines figures de l’opposition.

« Ce n’est pas un débat d’idées, mais un débat tourné autour d’un individu », a affirmé John Mbombo, en référence aux critiques formulées contre une éventuelle réforme attribuée au président Félix Tshisekedi.

Pour le secrétaire général de l’ADP, l’article 220 de la Constitution, souvent présenté comme intangible, a déjà connu des modifications indirectes lors des précédentes révisions constitutionnelles.

Au-delà du débat juridique, John Mbombo plaide pour une réforme de certaines institutions qu’il juge inefficaces ou coûteuses. Il remet notamment en question le fonctionnement des assemblées provinciales ainsi que le système actuel de décentralisation.

« Les assemblées provinciales ont démontré leurs limites. Ce sont des institutions budgétivores. Certaines provinces créées lors du découpage territorial éprouvent de sérieuses difficultés de fonctionnement », a-t-il déclaré,

L’acteur politique propose, par ailleurs, de renforcer les prérogatives du chef de l’État dans la gestion des gouverneurs de province, notamment en matière de nomination et de révocation.

Interrogé sur l’éventualité d’un troisième mandat présidentiel, John Mbombo estime que cette hypothèse relève avant tout de la souveraineté populaire.

« Si le peuple décide qu’un individu continue, c’est l’expression du souverain primaire », a-t-il renchéri.

Dans un autre registre, ce cadre de l’ADP a passé au peigne fin la situation socio-économique du Kasaï-Oriental. John Mbombo y décrit une province frappée de plein fouet par la crise du secteur diamantifère, conséquence notamment de l’essor du diamant synthétique sur le marché mondial et des difficultés que traversent des entreprises comme la MIBA.

Selon lui, cette crise entraîne plusieurs conséquences :

  • exode rural,
  • baisse de la représentativité politique de la province,
  • difficultés économiques,
  • désaffection des magistrats affectés dans la région.

Pour y remédier, il propose de s’inspirer du modèle nigérian qui se traduit par un accompagnement financier ciblé des opérateurs économiques locaux par l’État congolais afin de relancer l’économie du Kasaï oriental.

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